Parigi città rock

Qualche giorno fa, esco dall’ufficio e risalgo Rue Rochechouart pensando a quella che chiamo tra me e me teoria della materia cangiante, teoria che mi ha ispirato un passo di un libro di Martin Page, “Peut-être une histoire d’amour?”. Ovvero quando accade che tutta la realtà si ribalta, le nostre percezioni cambiano, i nodi si sciolgono, e si esce da situazioni che sembravano irrisolvibili. E allora si vede la realtà tutta nuova, un pò come quando ci batte il sole sopra. Come se il colore della materia fosse cangiante, e allora quello che prima era verde, ora è viola.

“Tout lui parassait différent, doté de qualités plastiques et luminescentes inédites : les papiers par terre, le gris des pigeons, les enseignes publicitaires, les voitures. Il voyait pour la première fois.” Martin Page (“Peut-être une histoire d’amour?”, Ed. de l’Olivier)

“Tutto gli sembrava diverso, dotato di qualità plastiche e luminescenti mai viste prima : la cartacce per terra, il grigio dei piccioni, le insegne pubblicitarie, le macchine. Vedeva per la prima volta”.

Passo davanti alle vetrine che espongono antichi oggetti esotici e dolci, c’è un uomo che piscia di spalle in un garage e i ragazzini che stanno passando lo vedranno. Mentre sono in fila al supermercato, mi chiedo : se decidessi di uscire dal sistema di soldi su cui tutto si basa, che succederebbe ?

In piscina, all’orario di chiusura, c’è sempre una musica di piano, con cori ed echi. Donne assorte fanno la doccia una dietro l’altra. In metro, due ragazzi si parlano pianissimo all’orecchio.

Mentre fuori sfila lei.

S’intravede a tratti, tra pareti altissime di chiese e monumenti storici e cinematografici, tra St. Michel e il quartiere latino, con una banda che suona, tra i café con gli studenti e gli organizzatori di eventi, con il sole che vola leggero e il vento che spinge via le nuvole, con il calore che che spinge tutti i corpi a terra.

La grande città si intravede a Saint Ouen, in una piccola sala da concerto isolata con il legno, in una notte di luna piena, tra italiani, francesi, inglesi, spagnoli, africani, o sui Quai delle péniche, dove canta Bonnie Li, e tra le strade che scendono da Montmartre in una giornata di sole, fino ai ristoranti giapponesi di Rue St. Anne.

Tra quelli che lanciano nuovi progetti, nuove mostre, nuovi libri, nuove associazioni. La grande città tra i barboni che dormono a gruppi di due nella metropolitana. La grande città e le sue notti di feste, amici, incontri, concerti, di un milione di cose che succedono insieme, la città che spinge a divertirsi, ti spinge in tutte le direzioni, verso il piacere, l’esuberanza, l’imprevisto e l’insolenza.

La grande città che dà l’illusione di poter fare tutto in una sera, con sullo sfondo sempre Rue du Fb du Temple, Montmartre o il Pantéon. In metro quasi solo ragazzi e ragazze, spaventosi oppure bellissimi, appagati oppure impazziti. Parigi eccentrica che fa dei suoi abitanti delle rock star. E sentire dal sesto piano, la musica che sale da centomila posti diversi, dalla città distesa ai tuoi piedi, fino al cielo.

“En aimant une femme, Virgile prenait le risque de perdre son grand amour, Paris. Son attachement s’explique aisément. Quand on a connu le désert culturel, humain et esthétique des petites villes de banlieue et de province, Paris est une oasis. Il faut ne pas avoir grandi à Paris pour etre amoureux de cette ville, comme il faut avoir été pauvre pour apprécier la valeur de l’argent. Virgile avait passé sa jeunesse à avoir soif, il avait un besoin vital de vivre près d’une fontaine.” Martin Page (“Peut-être une histoire d’amour?”, Ed. de l’Olivier)

“Amando una donna, Virgilio prendeva il rischio di perdere il suo grande amore, Parigi. Il suo attaccamento si spiega facilmente. Quando si ha conosciuto il deserto culturale, umano ed estetico delle piccole città di periferia e di provincia, Parigi è un oasi. Bisogna non essere cresciuti a Parigi per essere innamorato di questa città, come bisogna esser stati poveri per apprezzare il valore dei soldi. Virgilio aveva passato la sua giovinezza ad avere sete, aveva un bisogno vitale di vivere vicino a una fontana”. Martin Page.

 

Paris ville rock

Il y a quelques jours, je quitte le bureau et je remonte Rue Rochechouart, en pensant à ce que j’appelle la théorie de la matière changeante, une théorie qui m’a inspiré un passage dans un livre par Martin Page, “Peut-être une histoire d’amour ?”. C’est-à-dire quand il arrive soudainement que la réalité est inversée, nos perceptions changent, les noeuds se détachent, et il y a la possibilité de sortir des situations qui semblaient insolubles. Et puis vous voyez une réalité toute nouvelle, un peu comme quand le soleil tape sur les objets. Comme si la couleur de la matière était changeante, et ce qui était vert, maintenant il est violet .

“Tout lui parassait différent, doté de qualités plastiques et luminescentes inédites : les papiers par terre, le gris des pigeons, les enseignes publicitaires, les voitures. Il voyait pour la première fois.” Martin Page (Peut-être une histoire d’amour ?, Ed. de L’Olivier)

Je passe devant les vitrines qui affichent les objets anciens et exotiques, et la patisserie, il y a un homme qui pisse derrière un garage et les enfants qui passent par là le verront. Lorsque je suis en queue au supermarché, je me demande : si je décidais de quitter le système de l’argent sur ​​lequel repose tout, qu’est-ce que se passerait ?

Dans la piscine, à l’heure de fermeture, il y a toujours une musique de piano, avec des chœurs et des échos. Les femmes sont absorbés en prenant une douche l’un après l’ autre. En métro, une couple se parle tout doucement à l’oreille.

Et dehors, la grande ville défile.

Je l’ai entrevue parfois, entre les hauts murs d’églises et de monuments historiques et cinématographiques, entre Saint- Michel et le Quartier Latin, avec une bande qui joue, entre les cafés avec les étudiants et les organisateurs d’événements, avec le soleil qui vole léger et le vent qui pousse les nuages​​, avec la chaleur qui pousse tous les corps en bas.

On peut voir la grande ville à Saint -Ouen, dans une petite salle de concert isolé en bois, dans une une nuit de pleine lune, entre des italiens, des français, des anglais, des africains, ou sur les Quais des péniches, où chante Bonnie Li , et entre les rues menant de Montmartre au restaurants japonais de la rue Sainte-Anne, dans une journée ensoleillée.

Parmi ceux qui se sont lancés dans de nouveaux projets, de nouvelles expositions, de nouveaux livres, de nouvelles associations. La grande ville parmi les sans-abri qui dorment à deux dans le métro. La grande ville et ses nuits de fête, des amis, des réunions, des concerts, un million de choses qui se produisent ensemble, la ville poussant à avoir du plaisir, poussant dans toutes les directions, vers l’exubérance, l’inattendu et insolence.

La grande ville qui donne l’illusion d’être en mesure de faire l’impossible en une seule soirée, avec en arrière-plan toujours Fb Rue du du Temple, Montmartre ou le Panthéon. En métro presque exclusivement des garçons et des filles, effrayants ou très beaux, satisfaits ou fous. Paris excentrique rend ses habitants des rock stars. Et on entend du sixième étage, la musique monter de cent mille endroits différents, de la ville située à vos pieds, vers le ciel.

“En aimant une femme, Virgile prenait le risque de perdre son grand amour, Paris. Son attachement s’explique aisément. Quand on a connu le désert culturel, humain et esthétique des petites villes de banlieue et de province, Paris est une oasis. Il faut ne pas avoir grandi à Paris pour etre amoureux de cette ville, comme il faut avoir été pauvre pour apprécier la valeur de l’argent. Virgile avait passé sa jeunesse à avoir soif, il avait un besoin vital de vivre près d’une fontaine.” Martin Page (Peut-être une histoire d’amour ?, Ed. de L’Olivier)

 

Paris | marzo 13, 2018

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